Accréditation

Un avenir collector!

Cinq éditeurs de vidéo se sont réunis pour évoquer les enjeux de l’édition vidéo physique ainsi que ses contraintes actuelles. Ensemble, ils dressent le bilan d’un marché parfois malmené.

Le dimanche 16 octobre à 14h30, le Marché du DVD du MIFC rassemblait les éditeurs Carlotta Films, Extralucid Films, Arcadès et Gaumont Vidéo pour une table ronde animée par Hugues Peysson de L’Atelier d’images, représentant de l’Appel des 85 (association d’éditeurs indépendants), pour mettre en lumière leur profession et son importance dans la transmission et la conservation du cinéma, à l’heure où la consommation des plateformes de VàD ou SVàD semble l’emporter sur le support physique.

« Nous sommes un petit milieu, mais nous sommes importants » déclare Hugues Peysson pour ouvrir la discussion, laissant ensuite la parole à Carine Bach d’Extralucid Films pour présenter les étapes de l’édition vidéo. Un travail méthodique, qui débute par un objectif, et comprend la recherche de droits de films et de bonus, de la validation des équipes techniques (dans le cadre de restaurations) et juridiques, la création graphique et la presse des films aux formats DVD, Blu-Ray, UHD ou 4K, avant leur référencement et leur promotion. « Le temps de l’édition d’un film uniquement pour la vidéo est révolu » explique Sylvain Perret de Gaumont Vidéo. « Quand on restaure, c’est parce qu’il y a un but après ». Un but qui n’est donc pas uniquement l’édition, car souvent ces restaurations sont destinées à la télévision ou aux festivals. En parallèle, des sociétés comme Arcadès peuvent accompagner les éditeurs en leur fournissant, en amont de la fabrication, des conseils sur le marché, et aider au référencement et à la logistique. « Nous représentons le premier regard sur les titres qui fonctionnent et sur l’évolution du marché » précise Patrick Belz, son président. En outre, il est question de cibler l’accompagnement éditorial des films mis sur le marché. L’occasion pour les invités d’affirmer l’importance du support physique, qui n’est pas opposé au format dématérialisé, mais bien complémentaire. « Je crois pleinement que l’un sert l’autre, et vice-versa » affirme Vincent Paul-Boncour de Carlotta Films, ajoutant que l’objectif premier est de développer la connaissance d’une œuvre et sa compréhension, avec in fine le développement de la cinéphilie. Une idée appuyée par Sylvain Perret, pour qui les suppléments des éditions physique doivent « servir à comprendre le film ». 

Une volonté remise en question aujourd’hui, alors que l’envie de proposer des éditions qui sont « plus que le film » est toujours présente, mais que les contraintes s’accumulent. Aux négociations qui peuvent être difficile avec les ayants-droit s’ajoutent désormais des tarifs de production en constante augmentation, avec des devis régulièrement modifiés. L’approvisionnement lui aussi n’est pas en reste, et impose de nouvelles contraintes logistiques aux éditeurs. « Être sur l’objet physique est un challenge » confie Vincent Paul-Boncour. « On est tous très passionnés, mais il faut l’être encore plus. » Pour autant, les intervenants restent optimistes quant à l’avenir de la profession, avec la croissance du marché des supports à forte valeur ajoutée (collector, Blu-Ray, UHD) et le marché du collector en hausse de 20 %, d’après des chiffres d’Arcadès. Des valeurs qui témoignent de « l’amour du cinéma » qui persiste en France, grâce à des institutions comme le CNC ou des acteurs télévisuels tels que les chaînes Arte ou France Télévisions, lesquels affirment l’excellence à la française en matière de cinéma : en prenant l’exemple de la réalisatrice Kinuyo Tanaka, à laquelle le Festival Lumière dédiait une rétrospective en 2021, Vincent Paul-Boncour explique que « c’est grâce à la France que la cinéaste a été redécouverte au Japon ».

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